L’IMPUISSANCE APPRISE – L’UN DE NOS FREINS QUI NOUS EMPÊCHE D’AVANCER

La vie nous livre plein de chocs électriques

II se pourrait que dans le passé, la vie ait été tellement dure avec nous, que nous avons l’impression que nous avons subi des « chocs électriques « qu’aujourd’hui même si nous avons envie d’améliorer notre situation, nous nous disons à quoi bon essayer si les choses doivent en être ainsi?, «je ne vais pas arriver à échapper à des futurs chocs ». Nos souvenirs sont toujours douloureux.

Un malheur n'arrive jamais seul

Nos pensées nous limitent

Notre mode de penser nous limite. Nous avons envie d’avancer, d’améliorer ou de modifier quelque chose dans notre vie que ce soit le domaine affectif, professionnel ou social, mais notre plus grosse difficulté est de croire en nous, que nous sommes capables à avancer, à changer même après avoir subi plusieurs épreuves dans la vie.


Des freins dans la vie ?


D’autres raisons qui pourraient nous empêcher d’avancer: nous risquerions d’être déprimés, nous serions résignés à notre sort, nous pourrions être dépassés par les événements de notre vie, nous pourrions avoir des pensées comme » je suis nulle », je suis incompétent, ou nous pourrions croire que notre situation est permanente. Quelque que soit la raison il se peut que nous souffrions de l’impuissance apprise : – un concept psychologique pour décrire que face à un échec récurrent et en l’absence de maîtrise sur ce qui nous arrive, nous (un individu ou un animal) n’allons même plus tenter d’essayer, de réussir. C’est un état proche du renoncement et de la dépression.

L’impuissance apprise (learned helplessness) c’est un phénomène développée dans les années 60 par le psychologue comportementaliste américain Martin Seligman.
Cette théorie a finalement été révisée et complétée par en 1989, sous le terme de « théorie de manque d’espoir ou de désespoir ».

C’est l’idée que plus nous faisons l’expérience d’une situation incontrôlable, sans issue, plus nous aurons tendance à ne plus tenter de contrôler une situation semblable, voire n’importe quelle situation.

UN PEU DE THÉORIE POUR EXPLIQUER CE CONCEPT PSYCHOLOGIQUE

Pour illustrer ce phénomène Martin Seligman a mené plusieurs expériences sur des chiens. Il a attaché des chiens à un harnais pour que ces chiens ne puissent pas échapper à leur sort et ensuite Seligman leur a donné des chocs électriques (légers) à des intervalles aléatoires. Malheureusement dans les années 1960s et 1970s ces types d’expériences étaient communes.
Le lendemain, ces mêmes chiens ont participé à une autre expérience avec des chiens qui n’ont jamais reçu un tel traitement (appelé les chiens naïfs).

Seligman leur a donné des chocs électriques


Ces deux groupes de chiens ont été mis dans une boite à deux compartiments séparés par un muret et un plancher électrifié d’un côté.

Lorsque les chercheurs ont allumé le plancher électrifié ils ont remarqué une chose étrange : certains chiens n’ont même pas essayé de sauter par-dessus la barrière basse de l’autre côté. Dès qu’ils sentaient le choc, après quelques secondes ils s’arrêtaient de bouger, se couchaient et commençaient à gémir.

De plus, ils ont réalisé que les chiens qui ne tentaient pas de sauter la barrière étaient généralement les chiens qui avaient déjà reçus des chocs sans aucun moyen d’y échapper, tandis que les chiens qui sautaient la barrière avaient tendance à être ceux qui n’avaient pas reçu un tel traitement.

Le conditionnement


Ce conditionnement était si puissant que, lorsque les chiens étaient placés dans une situation où ils pouvaient échapper au choc, ils n’essayaient même pas, car ils s’attendaient à ce qu’ils ne puissent pas contrôler leur environnement. Ces animaux s’enfonçaient dans l’apathie et la résignation et ne discernaient plus les moments où ils pouvaient contrôler la situation.

Des mauvais événements incontrôlables,
Un manque de contrôle perçu
Se sentir impuissant, un comportement passif


Seligman a conclu que les chiens attachés à un harnais avaient appris qu’ils ne pouvaient pas échapper ou éviter les chocs douloureux ; c’est-à-dire qu’ils avaient appris qu’ils étaient impuissants et que les chocs étaient incontrôlables. Il a appelé ce comportement l’impuissance appris.

Ce phénomène est puissant et tout aussi efficace sur l’homme.

EXPÉRIENCE NUMÉRO DEUX POUR BIEN ILLUSTRER LE PHÉNOMÈNE DE L’IMPUISSANCE APPRISE.

Charisse Nixon professeur de psychologie en Pennsylvanie (2008) a montré comment enseigner le découragement en 5 minutes, pour cela elle a mis en évidence l’impuissance apprise (parfois désignée sous le terme de résignation acquise).

Elle a divisé sa classe en deux et elle a donné à chacun un exercice d’anagramme (lorsqu’il faut déplacer les lettres d’un mot pour en faire un autre).

exercice d’anagramme

Voici les trois mots/anagrammes qu’elle a distribué au premier groupe

  • BAT (réponse tab)
  • LEMON (réponse melon)
  • CINERAMA (réponse AMERICAN)

Pour le premier groupe c’était plutôt simple. Seulement pour le deuxième groupe de sa classe les deux premiers mots étaient différents et il était impossible de faire une anagramme avec 2 des mots sur la liste (les mots étaient « wharf » et « slapstick »), le troisième mot restait le même (CINERAMA)

Elle a demandé à chaque élève de lever la main lorsqu’il avait réussi la première anagramme. Evidemment ceux qui ont eu les mauvais mots n’y arrivaient pas, elle est alors passé au second mot « lemon ».
La même chose : seule une partie de la classe levait la main.
Mais au moment de à passer au troisième mot « cinérama » les élèves piégés n’arrivaient pas à trouver l’anagramme pourtant le troisième mot était le même pour les deux groupes et ils avaient tous le niveau pour trouver cette anagramme mais la situation d’échec qu’ils éprouvaient les deux premières fois les empêchaient de résoudre le 3ème anagramme.
Ils disaient à la fin de l’expérience qu’ils se sentaient frustrés, ils avaient envie de partir, ils avaient perdu confiance en eux….

VEUILLEZ QUELQUES PISTES POUR LUTTER CONTRE L’IMPUISSANCE APPRISE

  • Prenez conscience d’abord de votre comportement. Reconnaissez et accueillez-le. On ne peut pas se libérer d’un comportement inapproprié si l’on n’a jamais accepté qu’on a ce comportement.
  • II est important d’être bienveillant envers soi (auto-compassion). Un sentiment d’impuissance, un sentiment d’inaptitude pourrait arriver à tout le monde, à n’importe quel moment dans notre vie.
  • soyez responsable

  • Soyez vigilant avec vos pensées, le sentiment d’être victime « Ce n’est pas ma faute ! » » Je n’y peux rien. » Soyez responsable,(plus facile à dire qu’à faire).
  • Je suis un échec

    • Surveillez vos croyances: » je suis un échec », « la vie et fini », « je suis impuissance
    • Travaillez sur votre confiance en vous et votre estime de vous-même.
    • Valorisez vos compétences, faites une liste où vous avez réussi à sortir de situations difficiles.
    • N’oubliez pas qu’aucune situation n’est permanente, tout pourrait changer. Évitez les mots comme « jamais » « toujours », « je vais toujours être … »
    • Gérez le sentiment d’envahissement, c’est-à-dire la notion d’être dépassé par des événements de votre vie, la croyance que si vous êtes un raté dans l’un des domaines de ma vie, c’est sûr que vous êtes un raté dans tous les domaines de votre vie.
    • Dotez-vous de qualités de résilience, de résistance et détermination pour construire la vie que vous voulez.

    La vie, c’est un parcours du combattant.


    A SAVOIR DES QUESTIONS ÉTHIQUES SURTOUT POUR LES AMOUREUX DES CHIENS

    Bien que les conclusions de ses expériences Seligman aient été largement acceptées, les défenseurs des droits des animaux ont critiqué son utilisation de chocs électriques. Était-il nécessaire que les chiens ont reçu un tel traitement ?

    L’importance des résultats a-t-elle justifié le préjudice physique et psychologique pour les chiens, (une atteinte à leur intégrité physique et psychique) ? Des questions comme celles-ci ont incité l’association Américaine de Psychologie à élaborer un code de déontologie pour l’utilisation des animaux dans les recherches à venir.

    {lang: 'fr'}
    This entry was posted in Changement, Comportement, Émotions and tagged , , , , , , , , , , , , . Bookmark the permalink.

    4 Responses to L’IMPUISSANCE APPRISE – L’UN DE NOS FREINS QUI NOUS EMPÊCHE D’AVANCER

    1. Yannick says:

      « Dotez-vous de qualités de résilience… »

      Comme si on pouvait « se doter de qualité…. » aussi facilement que ça!!

      La « qualité de résilience » ou la « détermination pour construire la vie que vous voulez », ça s’achète à volonté en lots de 6 boites de 500 grammes, peut-être ???

      • Holly says:

        La résilience ça s’apprend, c’est une faculté apprise.

      • Louise says:

        C’est pas commercialisé! C’est un travail sur soi. Se parler et s’encourager à sortir du trou noir du sentiment d’impuissance… Cela peut être de demander de l’aide à un tiers connu ou inconnu mais pas n’importe qui. L’argent n’achète pas tout et c’est bien heureux comme cela.

    2. Louise says:

      J’ai beaucoup aimé cet article. Cela m’amène à comprendre mes difficultés en mathématiques et je vois que je ne pouvais gérer étant enfant le sentiment de honte qui m’envahissait car j’échouais en mathématiques et je devais suivre des cours d’été. Pour moi c’était honteux. Alors je me réfugiais dans le rêve éveillé ou dans une fuite pour ne pas ressentir ce malaise face aux autres de mon âge. J’ai bien aimé le commentaire de Holly qui dit et je cite la résilience ça s’apprend, c’est une faculté apprise. Cela donne tellement d’espoir, c’est l’antithèse de l’impuissance apprise en réalité. Nous avons le pouvoir de modifier nos états d’esprit et états d’âme. C’est juste merveilleux!

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *