đŸŒŹïž Respirer en yoga : attention aux idĂ©es reçues

Gourou Internet

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L’autre jour, un Ă©lĂšve m’a posĂ© une question :
il avait entendu qu’en yoga, on devait “inspirer par le nez et expirer par la bouche”.

Je lui ai rĂ©pondu avec douceur
 que ce n’était pas tout Ă  fait juste.

Aujourd’hui, on trouve de tout sur Internet.
Des informations
 et des approximations.
Des expériences personnelles
 présentées comme des vérités universelles.

Or le yoga ne vient pas des rĂ©seaux sociaux (mĂȘme si Instagram adore les postures acrobatiques 😉).
Le yoga est une discipline millĂ©naire originaire d’Inde, transmise avec prĂ©cision de maĂźtre Ă  Ă©lĂšve.

Aprùs 14 ans d’enseignement et une formation en Inde, j’ai appris une chose essentielle :
la respiration en yoga a pour but d’harmoniser le corps et l’esprit.

🌿 Pourquoi respire-t-on par le nez en yoga ?

Dans la plupart des pratiques de yoga traditionnel :

👉 On inspire par les narines
👉 On expire par les narines

Ce n’est pas un dĂ©tail technique, mais un choix physiologique et Ă©nergĂ©tique.

Respirer par le nez permet :

  • de filtrer, humidifier et rĂ©chauffer l’air
  • de ralentir naturellement le souffle
  • de favoriser l’activation du systĂšme nerveux parasympathique (celui du calme et de la rĂ©cupĂ©ration)
  • de stabiliser l’attention mentale
  • En d’autres mots :
    la respiration nasale aide le systĂšme nerveux Ă  s’apaiser et Ă  s’équilibrer.

    đŸŒŹïž Et respirer par la bouche alors ?

    Expirer par la bouche n’est pas “mal”, mais ce n’est pas la respiration de base en yoga.

    Elle peut ĂȘtre utile dans certains contextes :

  • pour relĂącher une tension ponctuelle
  • pour accompagner un effort physique
  • dans certaines techniques spĂ©cifiques
  • Mais respirer principalement par la bouche stimule davantage un mode d’évacuation, un peu comme aprĂšs une sĂ©ance de sport intense.
    Ce n’est pas l’état recherchĂ© dans la majoritĂ© des pratiques de yoga, oĂč l’on cultive plutĂŽt la stabilitĂ©, la rĂ©gulation et la prĂ©sence intĂ©rieure.

    đŸ§˜â€â™€ïž Et la rĂ©tention du souffle (Kumbhaka) ?

    Dans les textes traditionnels, la respiration peut inclure des moments de pause entre l’inspiration et l’expiration. Cela s’appelle Kumbhaka.

    Ces suspensions du souffle peuvent avoir des effets profonds sur le mental et le systĂšme nerveux.
    Mais elles demandent :

  • de la patience
  • une progression trĂšs graduelle
  • et l’accompagnement d’un enseignant expĂ©rimentĂ©
  • Ce n’est pas une pratique pour dĂ©butants ni quelque chose Ă  improviser seul aprĂšs avoir vu une vidĂ©o.

    🧠 Apprendre à douter intelligemment

    Le message derriÚre tout cela dépasse la respiration.

    Aujourd’hui, l’information circule vite
 mais la vĂ©ritĂ© demande parfois de ralentir.

    Avant d’adopter une affirmation trouvĂ©e en ligne, il est sain de :
    ✔ vĂ©rifier plusieurs sources fiables
    ✔ croiser les points de vue
    ✔ s’appuyer sur des traditions et des enseignants formĂ©s sĂ©rieusement

    Comme le disait René Descartes :

    « Pour atteindre la vĂ©ritĂ©, il faut une fois dans sa vie se dĂ©faire de toutes les opinions qu’on a reçues, et reconstruire de nouveau tout le systĂšme de ses connaissances. »

    Le yoga nous apprend justement cela :
    respirer avec conscience
 et penser avec discernement.

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